Opération des hémorroïdes
Opération des hémorroïdes : techniques Milligan-Morgan, HAL-RAR Doppler, Longo. Prise en charge ambulatoire à Paris.

L’opération des hémorroïdes est l’une des interventions les plus fréquentes en chirurgie proctologique. En effet, les hémorroïdes, fréquemment rencontrées en pratique clinique, représentent une pathologie vasculaire anorectale dont l’impact sur la qualité de vie peut être considérable. Caractérisées par la dilatation et l’inflammation des veines hémorroïdaires, elles se manifestent par une symptomatologie variée incluant douleur, saignement, et parfois un prolapsus.
Par ailleurs, les recommandations de la Société Nationale Française de Colo-Proctologie (SNFCP) et de la Haute Autorité de Santé guident la prise en charge médicale et chirurgicale.
Définitions
D’abord, les hémorroïdes sont des structures vasculaires dans le canal anal qui participent à assurer la continence anale fine. Elles deviennent cependant pathologiques lorsque ces veines se dilatent et que le tissu environnant s’enflamme, ce qui entraîne des symptômes tels que des saignements, des douleurs, un gonflement ou un prolapsus (descente hors de l’anus).
C’est une pathologie très commune qui peut être provoquée ou exacerbée par plusieurs facteurs, tels qu’une constipation chronique, la grossesse, l’obésité, une alimentation pauvre en fibres ou un manque d’exercice physique.
Classification des hémorroïdes (4 grades)
La classification des hémorroïdes est généralement basée sur leur localisation et le degré de prolapsus.
Hémorroïdes internes
Ces hémorroïdes se situent au-dessus de la ligne pectinée et sont recouvertes de muqueuse rectale. Elles sont classées en quatre grades selon leur sévérité :
- Grade I : Hémorroïdes qui ne se prolabent pas en dehors du canal anal. Elles peuvent saigner mais ne sont pas visibles extérieurement.
- Grade II : Hémorroïdes qui se prolabent lors de la défécation ou de l’effort mais qui se rétractent spontanément.
- Grade III : Hémorroïdes qui se prolabent et restent hors de l’anus. Elles nécessitent une réintégration manuelle.
- Grade IV : Hémorroïdes avec prolapsus permanent et irréductible. Elles présentent un risque de complications comme la strangulation ou la thrombose.
Hémorroïdes externes
Localisées sous la ligne pectinée, ces hémorroïdes sont recouvertes de peau du canal anal et peuvent être douloureuses, notamment en cas de thrombose.
Quels sont les symptômes de la maladie hémorroïdaire ?
Le symptôme motivant le plus souvent la consultation, et ce notamment par son côté spectaculaire et inquiétant, c’est le saignement. Il s’agit d’une émission de sang rouge par l’anus, généralement indolore, qui peut être observé directement dans les selles ou seulement à l’essuyage.
Très souvent, les hémorroïdes sont douloureuses ou tout du moins responsables d’un inconfort, notamment à type de démangeaisons et d’irritation.
Suivant le stade de la maladie, le patient peut également ressentir un gonflement ou une petite tuméfaction qui sort de l’anus. Ainsi, en cas de prolapsus, il est habituel que les patients réintroduisent eux-mêmes un paquet hémorroïdaire après la défécation.
⚠️ Important. Bien que ces symptômes soient typiques des hémorroïdes, ils peuvent aussi être le signe d’autres pathologies potentiellement plus graves dans certains cas. Par conséquent, il est indispensable de consulter un médecin pour un diagnostic précis et approprié, surtout en présence de saignements ou de changements du transit intestinal.
Comment traiter les hémorroïdes : opération et alternatives
Traitement médical
Il est conseillé dans un premier temps à modifier son alimentation et son mode de vie. En effet, l’augmentation de l’apport en fibres dans l’alimentation et une bonne hydratation facilitent le transit intestinal et réduisent la nécessité de pousser lors de la défécation. À cela on conseille encore et toujours de pratiquer régulièrement une activité physique.
Les laxatifs aident à lutter contre la constipation si nécessaire. Sinon les suppositoires et les pommades à la titanoréïne traitent les symptômes en réduisant l’inflammation et en soulageant la douleur et les démangeaisons.
Traitement chirurgical
Ensuite, le traitement chirurgical est indiqué pour les hémorroïdes symptomatiques de grade 2, 3 et 4 et/ou lorsque le traitement médical n’est plus suffisant pour le patient.
La ligature Doppler associée à une mucopexie (HAL-RAR) est un excellent traitement de première intention. Elle consiste à stopper le flux vasculaire alimentant les paquets hémorroïdaires et à resuspendre ces derniers pour limiter leur protrusion. Habituellement, le geste est efficace chez les patients présentant des grades 3 ou 4. Il est également possible d’envisager de la réutiliser en cas de récidive avant de proposer un geste plus radical.
Ce geste radical, c’est l’hémorroïdectomie de type Milligan-Morgan. Il s’agit cette fois d’enlever purement et simplement les hémorroïdes et ce de manière définitive. Indiquée pour les stades avancés ou chez les patients présentant des récidives, l’hémorroïdectomie est très efficace. Toutefois, son caractère contraignant et assez douloureux en post-opératoire pousse à réserver cette solution aux cas très évolués.

La chirurgie hémorroïdaire, bien qu’efficace, peut être associée à diverses complications. La gestion postopératoire est essentielle pour minimiser les risques et favoriser une récupération rapide et sans encombre.
Complications de l’opération des hémorroïdes
L’opération des hémorroïdes se complique peu. Outre la douleur possible notamment après hémorroïdectomie, le principal risque est celui d’un saignement post-opératoire qui peut nécessiter exceptionnellement une reprise au bloc opératoire suivant son abondance. Ce saignement n’est pas forcément immédiat et peut survenir quelques jours après l’intervention. Il est nécessaire de rester vigilant à cet égard.
Récupération après opération des hémorroïdes
La récupération est rapide et du reste l’intervention est généralement organisée en ambulatoire.
Le premier axe à suivre en post-opératoire est la gestion de la douleur qui est habituellement calmée par des antalgiques simples et des anti-inflammatoires. Le second est le maintien d’une bonne hygiène notamment après la défécation.
L’alimentation doit comporter un apport suffisant en fibres et en eau afin de lutter au maximum contre la constipation. Il peut être nécessaire d’adjoindre une courte thérapie par laxatifs.
Le patient pourra de lui-même reprendre progressivement les activités normales selon son confort. Les efforts intenses doivent être évités pendant quelques semaines.
À l’issue de la consultation post-opératoire où le chirurgien s’assure que la convalescence s’est bien passée, il n’y a pas lieu de programmer un suivi particulier.
En conclusion, la prise en charge chirurgicale des hémorroïdes a beaucoup évolué et les techniques modernes permettent une récupération rapide et un excellent confort post-opératoire dans la majorité des cas.
Questions fréquentes
Quand faut-il opérer des hémorroïdes ?
L’indication chirurgicale concerne les hémorroïdes symptomatiques de grade II, III ou IV et/ou lorsque le traitement médical (mesures hygiéno-diététiques, laxatifs, topiques locaux) ne suffit plus à soulager le patient. La décision est prise après une consultation spécialisée et un examen proctologique complet.
Quelle technique entre Milligan-Morgan, HAL-RAR et Longo ?
Le HAL-RAR Doppler est privilégié en première intention chirurgicale car mini-invasif et moins douloureux : ligature des artères hémorroïdaires + mucopexie. Le Milligan-Morgan (hémorroïdectomie classique) reste la référence pour les grades avancés et les récidives ; plus radical mais plus douloureux en post-opératoire. La technique de Longo (anopexie circulaire) est une alternative dans certains cas. Le choix dépend du grade, des symptômes et des antécédents.
L’opération est-elle douloureuse ?
Cela dépend de la technique. Le HAL-RAR est réputé peu douloureux : la plupart des patients reprennent une vie normale en quelques jours. La Milligan-Morgan peut être plus inconfortable les 2 premières semaines, notamment lors de la défécation. La gestion de la douleur par antalgiques simples et anti-inflammatoires est efficace dans la grande majorité des cas.
Combien de temps de cicatrisation après l’opération ?
La cicatrisation complète prend 4 à 6 semaines après une hémorroïdectomie de Milligan-Morgan, le tissu cicatrisant étant laissé à l’air libre. Pour un HAL-RAR, le confort est généralement retrouvé dès la 2ème semaine. Une bonne hygiène locale et une alimentation riche en fibres facilitent la cicatrisation.
Combien de temps d’arrêt de travail ?
L’arrêt de travail varie selon la technique et la profession : 1 semaine pour un HAL-RAR avec travail sédentaire, 2 à 3 semaines pour une Milligan-Morgan. Le télétravail peut souvent être repris plus rapidement. Les efforts physiques intenses sont à éviter pendant 3 à 4 semaines.
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Sources : Haute Autorité de Santé (HAS), Société Nationale Française de Colo-Proctologie (SNFCP), Fédération de Chirurgie Viscérale et Digestive (FCVD). Page mise à jour le 8 mai 2026.
